L'insurrection, derrière le coin

Le sommeil des nations fait naître des monstres.

Arrêt sur mots n°2 : Nous sommes tous des loups garous

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Les informations sur la Grèce que les médias du Système nous transmettent s’inscrivent dans une propagande honteuse. Quand des manifestants, même peu nombreux parfois, sortent dans les rues des pays comme l’Ukraine ou la Biélorussie, nous avons droit à une litanie qui nous explique qu’il s’agit de révolutions (le Système vous indique même la couleur, c’est plus facile à reconnaître, très bon marketing!). On nous apprend aussi que le pouvoir en place est ignoble et que les jeunes (toujours les jeunes qui font la révolution!) sont merveilleux et courageux. Quand une mouche pète à la Havane ou dans la capitale de n’importe quel pays qui ne se soumet pas au Système néo-libéral, c’est la même chose: la révolte du peuple contre un pouvoir bien diabolique.

Mais quand il s’agit des pays soumis au Système et pire encore, de notre espace géographique et culturel, alors là, attention! Le Pouvoir n’est plus méchant (mais fait son devoir, alors que le peuple ne comprend rien) et nous n’assistons plus à une révolte ou à une révolution, mais à des… débordements!

Dans cette propagande quotidienne, France24 vient d’atteindre des sommets de propagande de bas niveau. Ainsi, leur correspondante à Athènes, Alexia Kefalas, nous apprend des choses bien surprenantes, dans une novlangue qu’elle semble maîtriser à merveille:

“Il y a toujours des affrontements entre manifestants et policiers” – certes, ici se sont des affrontements. Ailleurs, dans la même situation, il s’agit d’une “répression des manifestants par un pouvoir violent et dictatorial”.

” C’est une situation de plus en plus tendue d’autant que dans quelques instant il y aura la tombée de la nuit” – ah ben oui, ma petite dame, les manifestants sont des loups-garous; la journée ça va encore, mais la nuit… Après la Roumanie et Dracula qui sort la nuit pour boire votre sang, attention aux manifestants grecs!

” on s’attend à des images que la Grèce à déjà connues en décembre 2008 lors des violentes émeutes qui ont duré 15 jours” – naturellement, ce sont des émeutes. Pas des révoltes, pas des luttes, pas de répression!

“ce sont donc de très mauvais souvenirs qui sont en train de resurgir” – quand je vous dis que ce n’est qu’un film d’horreur… et qu’il n’y a pas de répression, mais seulement des loups-garous qui parcourent les rues d’Athènes la nuit…

“Au même moment, c’est un souffle pour le Gouvernement qui a adopté ce nouveau plan de rigueur et peut espérer recevoir la cinquième tranche du prêt (…) mais aussi espérer une nouvelle aide de l’Union Européenne”. – comme dans tout bon film d’horreur, il y a les bons, les méchants et naturellement… l’espoir! Ca y est, le gentil gouvernement a un nouveau souffle, les méchants loup-garous ne gagneront peut-être pas … Encore un peu de suspens dans le film, que diable!

“ce vote, de justesse, a été salué par l’ensemble des dirigeants européens” – aucun doute, le suspens est à son comble. Les autres acteurs, tous positifs, saluent et à l’unanimité, svp!

malheureusement, le Gouvernement est préoccupé par ce qui se passe actuellement dans les rues d’Athènes et qui ne risque pas de se terminer” – ici, c’est le moment du film où la caméra fait un gros plan sur le héro qui vient d’échapper aux premières aventures, qui reprend son souffle, inquiet, tandis qu’on entend les bruits des monstres et des fantômes derrière la porte qu’il tente de verrouiller… Et ce n’est pas fini!

“Certains députés de la majorité avaient annoncé qu’ils ne voteraient pas pour ce plan de rigueur (…)   pourtant, au dernier moment, ils ont été pris d’un sentiment nationaliste, patriotique et ils ont voté pour. Ils ont peut-être fait leur devoir(…)” – Il y a des films faciles à comprendre, mais celui-ci aime bien les complications et les rebonds. Quel est le lien entre la trahison des députés de la majorité et le “sentiment nationaliste et patriotique”? Ils ont trahi par patriotisme? Décidément, les loup-garous de la rue ne comprennent pas ce qui est bon pour leur patrie, pour leur nation! Les gentils du Parlement ont su revenir à la réalité au dernier moment, in extremis, alors qu’ils étaient en train de se transformer eux aussi en loup-garous et s’opposer au plan de rigueur, comme les monstres de la rue! Eux, ils ont fait leur devoir! Franchement, des super-héros!

” Les manifestants se sentent trahis ce soir, certains ont même attaqué l’un des députés socialistes” – je vous l’avais dit: c’est l’un des personnages tout gentil  qui ose s’aventurer dehors et paf! les loup-garous lui tombent dessus…

“c’est donc une situation de plus en plus tendue et les policiers continuent de jeter des gaz lacrymogènes un peu partout” – on entend la musique stressante, qui indique à quel point c’est dangereux… au point que les défenseurs doivent même utiliser de l’ail, des oignons et autres poivres pour éloigner les loup-garous…

Superbe film d’horreur, en 1 minute et 30 secondes. Je n’ose pas imaginer l’épouvante des heures de traitement du sujet, toutes chaines confondues….

Dormons, braves gens, en Grèce il n’y a pas de répression, il n’y a pas de trahison, il y a juste des patriotes qui écoutent la voix la de la raison et des violences de la rue, toujours la rue qui est violente… Mais surtout pas le Système! Dormons! A moins que … nous ne soyons tous des loup-garous…

Alin Tranca

Rédigé par L'insurgé

30/06/2011 à 13:30

Le Pen est une fasciste anti-républicaine

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Une seule nationalité, pas deux!

LePen, REUTERS/Jacky Naegelen

Je viens d’apprendre à l’instant même que Le Pen fille (l’héritière du FN) demande aux députés de supprimer la possibilité d’avoir la double nationalité:

Comment ne pas voir que réside dans cette double nationalité l’un des ferments principaux d’atteinte à cette cohésion républicaine dont la France a plus que jamais besoin et un puissant frein à l’assimilation des Français issus de l’immigration ?

Dans l’intérêt de la France et des autres nations, dans l’intérêt en particulier de nos relations avec l’Algérie, premier pays concerné, il est ainsi nécessaire d’engager une démarche authentiquement républicaine en mettant fin à la double nationalité, et de demander à chacun de nos compatriotes placés dans cette situation, de choisir son allégeance : la France, ou un autre pays.

Donc, d’après elle, il faut faire un choix et c’est une question d’allégeance. D’après moi, la pensée de Mme Le Pen L’héritière-du-Fn relève de l’idiotie pur et simple. Elle pense à ceux qui vivent en France et ont deux nationalités, mais oublie de penser à tous les français qui vivent à l’étranger et ont (au moins) deux nationalités.

Je vais lui donner un exemple simple et direct: mon fils – qui a 5 ans – est né et vit en Belgique. Il a trois nationalités: belge (de naissance), française (sa mère) et roumaine (son père). En suivant la logique de Le Pen, il doit renoncer aux deux autres pour pouvoir garder la française, ou renoncer à la française pour pouvoir garder les deux autres. Tout ça puisqu’une excitée raciste à décidé de traiter la question en termes d’allégeance!

Mais non, ma petite idiote frustrée, il n’a pas à choisir, ni à faire allégeance à un pays en particulier, puisque NOTRE fils, né de l’union entre une Française (bretonne) et un Roumain (olténien) sur le sol d’un pays tolérant et accueillant, fait allégeance aux trois pays et les aime en égale mesure. Il se sent belge (et adore les balletjes sauce tomate avec des frites!) et  se déclare également Roi de Bretagne (où on passe toutes nos vacances) et Roi de Roumanie (puisque mon papa y est né…). Pour lui, ces trois pays sont profondément dans son coeur et mieux que ça, la somme de ces trois pays lui permettra d’être un citoyen du monde, capable d’exprimer l’amour d’un pays sans passer par la haine et le rejet.

La modification que Le Pen veut s’adressera à tous les citoyens français. Elle ne pense que dans son sens de haine, par exclusion: tu as deux nationalités, donc l’une chasse l’autre. Nous autres, être humains normaux, pensons la question en termes d’addition, de somme. Certainement pas en termes de soustraction. C’est bien cette addition qui fait notre richesse. Une très grande richesse dont Le Pen est pauvre.

Alin Tranca

Rédigé par L'insurgé

01/06/2011 à 15:52

Publié dans France, Politique

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Mélenchon ne se désistera pas pour le PS

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Mélenchon et Montebourg à Dole, AFP / Jeff Pachoud

Dans mon dernier article j’ai réagi de façon assez dure envers M. Montebourg, à propos de sa déclaration sur le désistement de Mélenchon s’il était désigné candidat du PS. Connaissant très bien Mélenchon et sachant que jamais il n’avait fait une déclaration pareille, ni formulé une quelconque intention, j’ai été choqué par la déclaration de Montebourg et sa façon de vouloir se poser en rassembleur de la gauche à tout prix, même en dépassant les bornes.

Hier, j’ai décidé de lui poser la question directement et savoir exactement quand Mélenchon lui a fait part d’une intention pareille. Voici sa réponse:

Je pense être allé un poil trop loin dans l’interprétation qu’il m’a lui-même au téléphone permis de faire de ses propos. J’avais compris qu’il était sensible à mes propositions et que, en déclarant qu’il pourrait s’entendre avec moi si j’étais le candidat socialiste, dès le premier tour, qu’il en tirerait quelques conséquences. Mais ce n’est pas à mes yeux le principal, je m’en suis expliqué avec lui au téléphone avec humour (et amitié).

C’est donc un démenti clair et net, Mélenchon n’a jamais tenu ce genre de propos. Non, Mélenchon ne va pas se désister au premier tour pour le candidat du PS, même si celui-ci était M. Montebourg.

Maintenant, ce que je trouve hallucinant, c’est la liberté que s’est accordée M. Montebourg de “croire que”, “comprendre que”. Pour lui, c’est Mélenchon qui devrait en tirer des conséquences et se retirer? Sans blague? Et pourquoi il ne pourrait pas envisager lui de se désister? Ca ne peut aller que dans un sens?

Une autre question me vient à l’esprit. Si M. Montebourg n’est pas désigné candidat du PS (et une fois de plus, les vieux mammouths socio-démocrates auront eu raison de lui, comme ce fut le cas en son temps avec Mélenchon, Dolez et d’autres de l’aile gauche du PS), que va-t-il faire? Va-t-il rester au PS? Va-t-il avoir la force de quitter le PS pour défendre ses idées, en sachant que dans le cas contraire il sera amené à défendre les idées d’un socio-démocrate qui aura été désigné pour la présidentielle? A-t-il envisagé ne fut-ce qu’une seconde de se rallier au Parti de Gauche? S’il reste dans le PS, que fera-t-il de ses idées, maintenant, quand le pays brûle et que la situation globale et mondiale est tellement grave qu’il ne peut plus se situer dans une optique de carrière mais d’action?

Nous verrons cela dans très peu de temps. Et sincèrement, je ne lui souhaite rien d’autre que d’être désigné candidat du Parti Socialiste.

Alin Tranca

Rédigé par L'insurgé

27/05/2011 à 15:31

Montebourg rassembleur, mais menteur?

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Arnaud Monteburg - source image Wikipedia

Depuis deux jour, M. Montebourg et quelques militants ont décidé de montrer qu’il est le candidat qui rassemble à gauche. Pour cela, tous les moyens sont bons, y compris le mensonge grossier.

Dans une une interview publiée dans Libération le 23 mai sous le titre “Hollande et Aubry nous ont fait perdre en 2002″, M. Montebourg dit:

Par ailleurs, je considère être le meilleur rassembleur de toutes les gauches. Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il ne serait pas candidat si j’étais le candidat du PS, Jean-Pierre Chevènement a dit qu’il voterait pour moi s’il votait aux primaires. Nicolas Hulot a déclaré que j’étais le meilleur candidat écologiste et Christiane Taubira est dans mon comité de soutien.

Or, il se trouve que M. Mélenchon n’a jamais, au grand jamais affirmé qu’il n’allait pas être candidat si M. Montebourg était candidat du PS. Il a dit qu’il allait soutenir Montebourg pour qu’il soit le candidat du PS, qu’il allait pouvoir discuter avec le PS si Montebourg était désigné comme candidat à l’élection présidentielle, mais il n’a jamais affirmé son retrait de l’élection présidentielle si Montebourg était le candidat.

Je demande simplement et clairement: pourquoi M. Montebourg a besoin d’un mensonge pareil pour pouvoir poser en rassembleur de la gauche? Est-il tombé si bas? Je trouve la question d’une extrême gravité et ce n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Imaginez que demain Mélenchon déclare que Montebourg a dit qu’il allait se retirer de l’élection présidentielle s’il était désigné candidat du Front de Gauche. Quelles seraient les réactions?

Est-ce que M. Montebourg se rend compte de la gravité d’un tel mensonge? Des répercussions que ce mensonge peut avoir? Sincèrement, je suis profondément déçu que M. Montebourg puisse recourir à de tels procédés.

Non, M. Montebourg, Mélenchon n’a jamais dit une chose pareille et Mélenchon ne fera jamais une chose pareille. Tout simplement parce que, même si vous êtes le candidat avec lequel nous pourrons le mieux discuter et trouver des terrains d’entente dont la Gauche a besoin, nous avons des différences qui nous demandent de continuer notre lutte.

J’ose espérer que M. Montebourg publiera la preuve de ce qu’il affirme ou un démenti. Il n’est jamais trop tard pour être honnête.

Alin Tranca

Rédigé par L'insurgé

24/05/2011 à 11:14

Arrêt sur mots (n° 1)

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Le larbin a sa culture

Intervention très intéressante de Mélenchon dans l’émission “Semaine Critique” sur France 2. Face à Alain Duhamel, il a distribué les claques que celui-ci méritait (amplement). Je comprends que Duhamel soit déstabilisé: n’ayant aucun argument pour se défendre, il s’est contenté de faire du spectacle et de couper Mélenchon, avec des réactions dignes d’un gamin.


J’ai assisté au comble du ridicule quand Duhamel a interrompu une énième fois Mélenchon pour lui dire: “non, non, ça ne veut pas dire ça!”, alors que ce dernier venait de dire “j’opine, si vous le permettez”. Comme un gamin, Duhamel s’excite, content de pouvoir trouver quelque chose pour contre-dire Mélenchon. Une courte discussion s’est engagée sur le sens du mot “opiner”, de quoi faire perdre le fil de la discussion (naturellement, pour Duhamel c’était plus important de contredire Mélenchon sur le sens d’un mot que de répondre à ses idées). Il tenait dur comme fer qu’opiner veut dire approuver et pas donner son opinion.

Mis à part la réaction de gamin qui m’a fait hurler de rire pendant que je l’insultais, après coup j’ai réalisé une chose: c’est normal que Duhamel ne connaisse qu’un sens du verbe opiner (du bonnet, du chef), c’est-à-dire celui d’ approuver. Il ne peut pas connaitre l’autre sens (sans bonnet), qui est celui de donner son opinion. Le larbin ne fait qu’opiner du chef. Il n’opine jamais.

Duhamel n’était pas inculte, comme je l’ai soupçonné. Il avait sa propre culture: celle du larbin.

Rédigé par L'insurgé

06/04/2011 à 14:28

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