L'insurrection, derrière le coin

Le sommeil des nations fait naître des monstres.

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Une feuille de coca pour José Bové

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Houuuuuuuuu… Il n’est pas content, José Bové. Il le crie sur tous les toits (du web et des radios): Mélenchon est un méchant hypocrite dangereux et il n’est pas question de ne pas le faire savoir à tous, parce que la crise politique et morale, ma petite dame, c’est lui le responsable!

Je ne vais pas rentrer dans le jeu de cour de recrée en agitant des chiffres bidon sur la présence des uns et des autres au Parlement Européen. Surtout que la présence à elle seule n’explique absolument rien. On peut être présent à 100% du temps et roupiller d’un sommeil profond. Tout comme on peut écrire 300 pages et ne rien dire; écrire un poème et dire le monde depuis sa naissance. Mélenchon s’en est très bien expliqué sur son blog, obligé d’abandonner un instant la lutte politique pour répondre aux gamineries de Bové.

Que reproche Bové à Mélenchon encore, pour appuyer ses accusations-dirigées-depuis-EELV-pour-aider-le-PS-et-taper-sur-les-doigts-d’Eva-Joly? De ne pas avoir été présent le 13 mars 2013 lors du vote sur le budget européen. Pire encore: Mélenchon tricherait, il signerait sa feuille de présence alors qu’il n’est pas là, pour toucher son indemnité journalière. Ah, le salaud! Mélenchon est donc comme les autres! Pire, il a même pris le train 2 heures pour revenir à Strasbourg avant 19h! Juste pour signer et… ! Mais quel tricheur! Rendez-vous compte des mesquineries dont il est capable: bien qu’absent tout le temps (selon le même Bové), il lui prend de temps en temps de venir avant 19h pour signer, spécialement pour toucher son indemnité journalière. La contradiction aura échappé à la moustache de notre ami.

220px-EvomoralesQu’il est loin le temps où Bové était révolté! Où il était un paysan militant. Qui luttait de toutes ses forces. Qui rencontrait Evo Morales, un autre paysan en lutte, comme en 2002. Ne comptez pas sur lui pour redemander souvent des nouvelles de son ami. Vous ne l’entendrez pas demander où était Evo Morales le 13 mars. Non! Ni où était Mélenchon ce même jour, alors qu’il devait être dans l’hémicycle pour voter.

Mais justement, où était Mélenchon le 13 dans la matinée? Quelle mouche l’a piqué d’être à Strasbourg le 12 mars, de reprendre le train vers Paris le matin du 13 mars et revenir dans l’après midi (et non le soir, comme dit Bové) et de rester le 14 mars ? Mélenchon aime tant le voyage en train? N’aime pas assumer ses responsabilités dans l’hémicycle? Le révolté de Larzac ne se pose pas de telles questions, elles n’entrent pas dans la stratégie d’attaque d’EELV.

Allez, camarade, on ne peut rien te cacher. Mélenchon était rentré à Paris parce que le matin du 13 mars il devait rencontrer Evo Morales, de passage dans la capitale. Je sais, il aurait du être avec toi, au Parlement Européen, signer la feuille de présence avec toi, voter avec toi. Je sais, c’est mal. Mais voilà, Evo Morales était là. Mélenchon avait même annoncé la rencontre quelques jours auparavant, mais tu ne l’as pas lu, pas entendu. Voici une photo de leur rencontre, je te la mets bien au milieu, pour être certain que tu ne la loupes pas une fois de plus:

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Il est où José? – Regarde, il est là… à la télé… il vote… Là, la moustache qui dépasse… Oui, c’est lui! Il a changé? Ca, je veux bien le croire!

Oui, camarade, j’aurais aimé que tu sois là aussi. Comme tu l’étais en 2002, avec ce même Evo Morales. Maintenant tu es à Bruxelles, à écrire avec Quatremer, l’eurobéat heureux. Ou à refaire l’Europe avec Daniel Cohn-Bendit, grand révolté parmi les révoltés.

Qu’il est loin le temps où Bové n’était pas un supplétif du PS…

Written by L'insurgé

11/04/2013 at 15:33

L’ANI, les solfériniens et Mélenchon

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LhumainParlementEn 2013, le capitalisme financier fait rage sur la planète. De nombreux politiciens font semblant de le découvrir depuis peu avec l’éclatement de la « crise » financière, mais continuent à le renforcer. Pourtant, depuis le tout début de ce changement mondial, d’autres le dénonçaient déjà, comme c’était le cas de Jean-Luc Mélenchon en 1993. Je vous livre ici un extrait de l’une de ses explications de vote du 3 novembre 1993, où il dénonce une « forme nouvelle de capitalisme financier transnational, qui se joue des frontières, qu’il utilise au profit de ses objectifs d’accumulation »:

« M. Lederman met le doigt sur un problème dont ce que nous appelons la délocalisation n’est, en définitive, qu’une sorte de pic. En vérité, l’ensemble du système économique dans lequel nous évoluons s’est profondément modifié. A sa pointe extrême, nous avons une forme nouvelle de capitalisme financier transnational, qui se joue des frontières, qu’il utilise au profit de ses objectifs d’accumulation. De manière consubstantielle, se construit un capitalisme marchand transnational, avec des formes d’organisation et de répartition du travail qui sont, à proprement parler, totalement inédites, et en face duquel la communauté nationale est incapable de produire un droit ou un modèle de régulation, au point que plus d’un analyste a pu parler de l’émergence d’un droit privé transnational se jouant des règles édictées par la communauté internationale, au sens littéral du terme, à savoir « inter-nations ».

Une espèce de deuxième monde économique se met donc en place, qui échappe à toute règle et ne respecte d’autres normes que celles de ses arbitrages internes. La délocalisation ne constitue qu’une facette de ce phénomène plus large. Dans ces conditions, M. Lederman a parfaitement raison d’affirmer que le moment est venu pour les collectivités nationales, pour nous législateurs, de faire en sorte que la volonté collective et la régulation démocratique interviennent là où ne joue que la libre volonté des acteurs en présence. C’est pourquoi nous serions a priori plutôt enclins à voter cet amendement, monsieur Lederman. Et les objections qui ont été présentées nous y incitent presque davantage. On ne peut accepter l’argument selon lequel quelques emplois pourraient être sauvés si telle ou telle entreprise pouvait délocaliser une partie de ses activités. En effet, cela signifierait, en définitive, que nous acceptons que, dans la gestion de la production, entre de l’emploi sous-payé et sous-qualifié. Cela, bien sûr, nous ne pouvons l’accepter. »

Vingt ans plus tard, ce capitalisme financier transnational a pris une ampleur destructrice. Le Front de Gauche continue à vouloir le combattre avec une obstination inébranlable. Ne nous trompons pas de gauche. Elle n’est certainement pas dans le coeur de ceux qui votent actuellement l’ANI à l’Assemblée Nationale, ni dans celui de ceux qui l’appellent de toutes leurs forces, depuis le gouvernement et l’Elysée.

Cet accord honteux – travaillé sur un texte du MEDEF, dans les locaux du MEDEF et signé par une minorité de syndicats – détruit le droit des travailleurs avec une violence inouïe, jamais atteinte auparavant. Ce qui est dégagé s’inscrit dans la logique mortifère du capitalisme financier transnational.

Il ne faut pas se laisser distraire par la diversion que pratique actuellement le PS avec ses attaques contre Mélenchon. Braquons les projecteurs sur sa politique concrète, ne perdons pas un seul vote de vue! Les élus PCF (FdG) ont introduit 4500 amendements pour contrer le MEDEF et défendre le droit des travailleurs.

On lâche rien!

Written by L'insurgé

07/04/2013 at 12:21

Publié dans Politique

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