L'insurrection, derrière le coin

Le sommeil des nations fait naître des monstres.

Posts Tagged ‘manipulation

Mélenchon ne se désistera pas pour le PS

with 7 comments

Mélenchon et Montebourg à Dole, AFP / Jeff Pachoud

Dans mon dernier article j’ai réagi de façon assez dure envers M. Montebourg, à propos de sa déclaration sur le désistement de Mélenchon s’il était désigné candidat du PS. Connaissant très bien Mélenchon et sachant que jamais il n’avait fait une déclaration pareille, ni formulé une quelconque intention, j’ai été choqué par la déclaration de Montebourg et sa façon de vouloir se poser en rassembleur de la gauche à tout prix, même en dépassant les bornes.

Hier, j’ai décidé de lui poser la question directement et savoir exactement quand Mélenchon lui a fait part d’une intention pareille. Voici sa réponse:

Je pense être allé un poil trop loin dans l’interprétation qu’il m’a lui-même au téléphone permis de faire de ses propos. J’avais compris qu’il était sensible à mes propositions et que, en déclarant qu’il pourrait s’entendre avec moi si j’étais le candidat socialiste, dès le premier tour, qu’il en tirerait quelques conséquences. Mais ce n’est pas à mes yeux le principal, je m’en suis expliqué avec lui au téléphone avec humour (et amitié).

C’est donc un démenti clair et net, Mélenchon n’a jamais tenu ce genre de propos. Non, Mélenchon ne va pas se désister au premier tour pour le candidat du PS, même si celui-ci était M. Montebourg.

Maintenant, ce que je trouve hallucinant, c’est la liberté que s’est accordée M. Montebourg de « croire que », « comprendre que ». Pour lui, c’est Mélenchon qui devrait en tirer des conséquences et se retirer? Sans blague? Et pourquoi il ne pourrait pas envisager lui de se désister? Ca ne peut aller que dans un sens?

Une autre question me vient à l’esprit. Si M. Montebourg n’est pas désigné candidat du PS (et une fois de plus, les vieux mammouths socio-démocrates auront eu raison de lui, comme ce fut le cas en son temps avec Mélenchon, Dolez et d’autres de l’aile gauche du PS), que va-t-il faire? Va-t-il rester au PS? Va-t-il avoir la force de quitter le PS pour défendre ses idées, en sachant que dans le cas contraire il sera amené à défendre les idées d’un socio-démocrate qui aura été désigné pour la présidentielle? A-t-il envisagé ne fut-ce qu’une seconde de se rallier au Parti de Gauche? S’il reste dans le PS, que fera-t-il de ses idées, maintenant, quand le pays brûle et que la situation globale et mondiale est tellement grave qu’il ne peut plus se situer dans une optique de carrière mais d’action?

Nous verrons cela dans très peu de temps. Et sincèrement, je ne lui souhaite rien d’autre que d’être désigné candidat du Parti Socialiste.

Publicités

Written by L'insurgé

27/05/2011 at 15:31

Fidel et Chavez avaient raison

with 34 comments

La question libyenne agite nos pensées depuis plusieurs semaines. Je ne pense pas me tromper en disant que quelque soit la position défendue (pour ou contre une intervention en Libye), on trouvera très peu de gens qui pourraient affirmer que Kadhafi est quelqu’un de bien (en même temps, rares sont ceux qui connaissent son parcours et ses réalisations à la tête de la Libye pendant plus de quarante ans).

Depuis le début du mois de mars, MM. Hugo Chavez et Fidel Castro affirment que les Etats-Unis ont l’intention d’occuper la Libye pour prendre possession des gigantesques ressources énergétiques de ce pays. Le président vénézuélien va jusqu’à proposer une médiation internationale entre le régime de Kadhafi et les insurgés. La proposition d’une mission de médiation composée de pays d’Amérique du Sud, Europe et Moyen-Orient – bien qu’acceptée par Kadhafi – a aussi tôt été refusée par la France et les forces rebelles.

A l’analyse faite par MM. Hugo Chavez et Fidel Castro, le PG et Jean-Luc Mélenchon ont réagit en prenant leurs distances et en montrant la divergence. Fidel Castro intitulait la Réflexion publiée le 22 février 2001 « Le plan de l’OTAN est d’occuper la Libye« .

Dès le début, M. Mélenchon a été en désaccord total avec M. Chavez qui suivait le point de vue de M. Castro. Le Parti de gauche a émis un communiqué disant:

Nous avons pris connaissance avec tristesse et consternation des propos tenus sur Twitter par le président vénézuélien Chavez à propos du régime dictatorial de Kadhafi.
Le Parti de Gauche est au côté des révolutions citoyennes et soutient la lutte du peuple libyen pour sa liberté.
Aucun pouvoir n’est légitime à tirer sur son peuple.Nous applaudissons le “dégage” crié par les peuples tunisien, égyptien et libyen comme nous avons soutenu le « que se vayan todos » sud américain.
Partout nous condamnons les régimes dictatoriaux souvent soutenus par la puissance Etats-unienne et appuyons les révolutions citoyennes qui soulèvent aujourd’hui les peuples arabes et particulièrement libyen confronté à un massacre.
Nous resterons aussi vigilants sur les intentions réelles des pays européens et des Etats-Unis en Libye et dans la région.

Peu de temps après, M. Mélenchon revoyait partiellement son opinion et écrivait le 2 mars sur son blog:

Pour être francs nous ne pensions pas une seconde que les analyses de Fidel Castro sur le risque d’intervention militaire avaient le moindre début de réalité. Ce serait tellement stupide et dévastateur pour les USA de s’y risquer que nous pensions l’idée totalement improbable. Il faut bien admettre à présent que ce n’est pas vrai. Fidel Castro a vu juste sur ce point. Je dis sur ce point car je ne crois pas que sa façon de voir sur la nature des mouvements en cours soit juste pour autant car il n’en perçoit pas la dynamique révolutionnaire et son potentiel progressiste. Il n’en reste pas moins qu’alertés dorénavant sur le risque d’intervention militaire, nous y affirmons notre opposition totale. J’ai commencé à défendre cette position face à monsieur Jacob, le président du groupe UMP mardi soir dans mon débat avec lui sur I-Télé. Et j’ai senti combien la droite n’est pas franche du collier sur ce thème. Vigilance mes amis !

Le jour suivant, 3 mars, M. Mélenchon réitérait les mêmes propos sur Canal+ répondant aux questions pièges d’Apathie (à partir de la 13ème minute):

Quelques jours plus tard encore, M. Mélenchon votait la résolution du Parlement Européen demandant que l’ONU se saisisse de la question libyenne et qui invitait

la haute représentante et les États membres à se tenir prêts pour une décision du Conseil de sécurité concernant d’autres mesures, y compris la possibilité d’instaurer une zone d’exclusion aérienne pour empêcher le régime de prendre pour cible la population civile ; souligne que toute mesure émanant de l’Union et de ses États membres devrait être conforme à un mandat des Nations unies et se fonder sur une coordination avec la Ligue arabe et l’Union africaine, en encourageant ces deux organisations à guider les efforts internationaux.

Le problème, M. Mélenchon, est que le Conseil de Sécurité ce n’est pas… l’ONU! Le Conseil de Sécurité est l’un des organismes des plus antidémocratiques qui existe. Il est entièrement à la disposition de cinq puissances mondiales, seules à avoir droit de veto et habilitées à  prendre des décisions sur les faits d’armes de l’ONU. Si l’un des membres permanents du Conseil de Sécurité (USA, Russie, Chine, France et Royaume-Uni) oppose son veto, le sujet est clos et le pays en question n’a pas à se justifier. Au fil de l’histoire, des agressions ont été votées, au gré des intérêts de ces puissances. L’Union Soviétique a usé fortement de son droit de veto durant toute la période de la guerre froide. Les USA également (Noam Chomsky nous faisait d’ailleurs remarquer que la presse américaine ne parle que des résolutions qui ont été adoptées, mais jamais des résolutions qui n’ont pas été adoptées et sont parties directement à la poubelle, tout simplement parce que les USA avaient opposé leur droit de veto. Or, il se trouve que ces résolutions allaient contre l’intérêt des USA, condamnant tel ou tel pays et son régime, spécifiant des mesures à prendre et qu’il n’était pas question qu’elles soient adoptées. A force, on retrouve dans le conscient collectif uniquement une série de pays qui tombent régulièrement sous le coup des sanctions et résolutions présentées au nom de l’ONU, mais on ne retrouve guère une toute autre série de pays, alliés et/ou soutenus par les USA.)

Je n’ai pas compris pourquoi M. Mélenchon dit d’une part qu’il donne raison à M. Castro quand celui-ci tire la sonnette d’alarme concernant l’intervention militaire américaine en Libye et d’autre part il fait appel au Conseil de Sécurité de l’ONU, excellent outil entre les mains des mêmes qui ont l’intention d’intervenir militairement en Libye. C’est aller directement dans la gueule du loup et se donner le bâton pour se faire battre. Et c’est bien ce qui s’est passé. Le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1973, titrée mensongèrement et avec le but d’induire en erreur quant à son but: LIBYE: LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DÉCIDE D’INSTAURER UN RÉGIME D’EXCLUSION AÉRIENNE AFIN DE PROTÉGER LES CIVILS CONTRE DES ATTAQUES SYSTÉMATIQUES ET GÉNÉRALISÉES.

Cette résolution dit:

Zone d’exclusion aérienne

6.    Décide d’interdire tous vols dans l’espace aérien de la Jamahiriya arabe libyenne afin d’aider à protéger les civils;

7. Décide également que l’interdiction imposée au paragraphe 6 ne s’appliquera pas aux vols dont le seul objectif est d’ordre humanitaire, comme l’acheminement d’une assistance, notamment de fournitures médicales, de denrées alimentaires, de travailleurs humanitaires et d’aide connexe, ou la facilitation de cet acheminement, ou encore l’évacuation d’étrangers de la Jamahiriya arabe libyenne, qu’elle ne s’appliquera pas non plus aux vols autorisés par les paragraphes 4 ci-dessus ou 8 ci-dessous ni à d’autres vols assurés par des États agissant en vertu de l’autorisation accordée au paragraphe 8 dont on estime qu’ils sont dans l’intérêt du peuple libyen et que ces vols seront assurés en coordination avec tout mécanisme établi en application du paragraphe 8;

8.    Autorise les États Membres qui ont adressé aux Secrétaires généraux de l’Organisation des Nations Unies et de la Ligue des États arabes une notification à cet effet, agissant à titre national ou dans le cadre d’organismes ou d’arrangements régionaux, à prendre au besoin toutes mesures nécessaires pour faire respecter l’interdiction de vol imposée au paragraphe 6 ci-dessus et faire en sorte que des aéronefs ne puissent être utilisés pour des attaques aériennes contre la population civile et demande aux États concernés, en coopération avec la Ligue des États arabes, de procéder en étroite coordination avec le Secrétaire général s’agissant des mesures qu’ils prennent pour appliquer cette interdiction, notamment en créant un mécanisme approprié de mise en œuvre des dispositions des paragraphes 6 et 7 ci-dessus;

Elle est titrée de façon mensongère car elle introduit également d’autres mesures que l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne:

Protection civile

4.    Autorise les États Membres qui ont adressé au Secrétaire général une notification à cet effet et agissent à titre national ou dans le cadre d’organismes ou d’arrangements régionaux et en coopération avec le Secrétaire général, à prendre toutes mesures nécessaires, nonobstant le paragraphe 9 de la résolution 1970 (2011), pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne, y compris Benghazi, tout en excluant le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n’importe quelle partie du territoire libyen, et prie les États Membres concernés d’informer immédiatement le Secrétaire général des mesures qu’ils auront prises en vertu des pouvoirs qu’ils tirent du présent paragraphe et qui seront immédiatement portées à l’attention du Conseil de sécurité;

5.    Mesure l’importance du rôle que joue la Ligue des États arabes dans le maintien de la paix et de la sécurité régionales et, gardant à l’esprit le Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, prie les États Membres qui appartiennent à la Ligue de coopérer avec les autres États Membres à l’application du paragraphe 4;

Cet autorisation ouvre la porte à toutes les dérives et toute les interprétations. Et pour attaquer la Libye, il suffit de notifier l’ONU… Chaque pays qui veut prendre part à une action contre la Libye peut décider alors de ce qui constitue une menace pour les rebelles et bombarder. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé: les bombardements ont détruit des chars, des voitures, des bâtiments administratifs, des installations radar et des bases militaires. Pas besoin d’une occupation sur le terrain, dans un premier temps. Un déluge de bombes et de missiles suffisent pour anéantir l’infrastructure d’un pays et le mettre à genoux. L’Irak a été bombardé régulièrement pendant plus de dix ans avant le début de la guerre en 2003. Vraiment, la spécification « tout en excluant le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n’importe quelle partie du territoire libyen » est inutile et ne donne pas la garantie voulue. Quel bonheur de détruire, de bombarder et de devoir ensuite reconstruire et tout racheter. Le tout moyennant de gros contrats et des grandes quantités de pétrole.

Les Etats-Unis ont besoin d’une guerre comme de l’air frais. Leur économie est en train de s’effondrer, ils viennent de perdre probablement un grand allié dans la région (l’Egypte) et dans une situation pareille, rien de mieux qu’une guerre pour apporter un peu de soutien à l’économie et instaurer un nouvel allié dans la région pour compenser la perte probable de l’autre. Voici quarante ans que la Libye échappe au contrôle du vampire assoiffé de pétrole, il était temps de corriger le problème. Les révoltes du monde arabe tombent à pic: c’était le moment de montrer que les libyens se soulèvent, eux aussi.

Dès les premières heures qui ont suivi l’adoption de la résolution 1973, la seule chose que j’ai pu lire dans les journaux était dans l’idée que « L’Otan achève ses préparatifs pour la Libye ». La France a attaqué la première (Nicolas Sarkozy a besoin d’une guerre? Oh, oui!), les Etats-Unis ont suivi. On appréciera, M. Obama est un gentleman, il a laissé la primeur de l’attaque à son vassal français.

Quoi qu’il en soit, que ce soit sous l’égide de l’OTAN ou au sein d’une coalition formée pour l’occasion, il n’y aura qu’un seul maître à bord. Il aura le grand marché libyen et les alliés auront quelques miettes.

Ce qui se passe actuellement est une guerre contre la Libye. De nos jours il n’y a plus besoin de déclaration de guerre, le Conseil de Sécurité étant l’astuce idéale pour attaquer tel ou tel pays.

Concernant les insurgés libyens, je n’ai pas l’impression qu’il soient dans la continuité de la révolte de l’Afrique du Nord (Tunisie et Egypte) comme le pense M. Mélenchon. Je suis étonné de voir, dans des dizaines et des dizaines de vidéos que j’ai pu regarder sur le sujet, très peu de gens qui manifestent ou qui combattent, par rapport à ce que j’ai pu voir en Tunisie et en Egypte. J’ai vu des vidéos qu’on nous a présenté avec des commentaires exagérés, voulant donner l’impression de grandes révoltes. Pourtant, si on regardait les images attentivement, on pouvait voir des dizaines ou des centaines de personnes, mais pas des milliers, des dizaines de milliers ou des centaines de milliers comme on a vu dans les autres pays. Je vois également quasiment sur toutes les vidéos des combattants criant en arabe « Dieu est grand ». Je ne les ai pas vu dans les autres pays. Ici, je les vois, peu nombreux et armés. Qui les arme? Qui les soutient? Qui les présente comme des insurgés? Qui nous dit qu’ils parlent au nom de tout le peuple libyen? Et l’armée libyenne, qui n’a pas lâchée Kadhafi, elle ne fait pas partie du peuple? Pourquoi il y a eu besoin d’une grande campagne médiatique pour montrer que Kadhafi est entouré de mercenaires chèrement payés? Pour montrer que l’armée l’a abandonné? Les communiqués occidentaux semblent dire le contraire et une grande partie de l’armée est toujours du coté de Kadhafi. Quand on bombarde l’armée libyenne et les bâtiments administratifs, on bombarde aussi le peuple.

M. Mélenchon, nous assistons à une très grande manipulation. Ne dites plus « L’ONU, rien que l’ONU! » parce que dans cette situation l’ONU ne sert que les intérêts de ceux qui veulent s’installer en Libye. Fidel avait raison, une fois n’est pas coutume. Chavez aussi.

Ce long article n’est pas une attaque dirigée contre M. Mélenchon. Il a toujours mon soutien absolu, mais la nécessité de discuter sur le sujet et de se partager les points de vue était grande. Avec ou sans son vote, ce qui se passe actuellement se serait de toute façon passé. Mais il est nécessaire de comprendre des choses complexes en les débattant et essayer d’avoir une vision la plus ample possible. Dans un prochain article je tenterai de vous expliquer les ressemblances entre la présentation de la révolte en Roumanie en 1989 (victimes par milliers disaient-ils, des massacres, des forces mercenaires fidèles à Ceausescu, des charniers, etc) et la présentation dans les mêmes médias de la révolte libyenne et des méthodes de Kadhafi étonnement semblables à celles de Ceausescu.

Written by L'insurgé

23/03/2011 at 17:41

L’ONU? Quelle ONU?

with 5 comments

C’est bien la première fois en quatre ans depuis que je suis de près Jean-Luc Mélenchon que je suis en désaccord avec lui. Avec les propos que je vais tenir, je vais être peut-être en désaccord avec la majorité de gens.

Aujourd’hui, sur les ondes de RMC-BFTMTV, M. Mélenchon disait, en parlant de la résolution que l’ONU a adopté la nuit passée sur la Libye:

La résolution commune de l’ONU est partie du Parlement européen qui a impliqué le groupe social-démocrate, une partie du groupe GUE dans lequel je siège, le groupe des Verts, c’est ça cette résolution, c’est à elle qu’il faut dire merci. Nous ne sommes pas en guerre contre la Libye. Nous répondons à un mandat des Nations unies qui nous enjoint d’intervenir militairement pour aider la révolution libyenne. Nous n’avons pas donné notre accord à une intervention physique débarquant des gens sur les plages et occupant les villes »

C’est faux, M. Mélenchon. Ce n’est pas l’ONU qui a décidé, mais le Conseil de Sécurité de l’ONU.Il s’agit de l’organe le moins démocratique qui puisse exister et vous savez qu’il est à la botte des grandes puissances. Dans ce cas précis, certaines se sont abstenues car la situation morale est ambiguë et ils ne pouvaient pas voter contre. Toujours dans ce cas précis, la grande puissance qui avait besoin d’utiliser le Conseil de Sécurité pour attaquer la Libye est les Etats-Unis.

Sans se rendre compte, M. Mélenchon a fait le jeu des Etats-Unis et de l’OTAN. Ce que je lis actuellement dans la presse ce sont des titres comme « L’Otan achève ses préparatifs pour la Libye ». Ce n’est pas l’ONU qui va intervenir, mais l’OTAN. Quel piège!

Et quelle naïveté quand il dit « Nous n’avons pas donné notre accord à une intervention physique débarquant des gens sur les plages et occupant les villes ». Ca fait une sacrée belle jambe: ils peuvent se faire bombarder à volonté et subir des destructions massives seulement avec des bombardements aériens. Ne doutez pas un instant que l’occupation du sol suivra rapidement, après avoir bien bombardé pendant des semaines et des mois. Ils peuvent même bombarder pendant plusieurs années, comme ils l’ont fait avec l’Irak pendant plus de dix ans!

Sur le site du PG je lis encore : « L’ONU, rien que l’ONU! ». Comment pouvez-vous vous voiler la face à tel point?

Sur ce sujet, je suis profondément déçu et blessé par l’attitude du PG. Nous venons de participer à une grande manipulation.

Que Kadhafi soit fou et détestable, j’en conviens. Du moins, de notre point de vue. Mais quand il s’agissait de la Tunisie ou de l’Egypte, tout le système a agit tardivement, quand ils ont vu qu’il n’y avait plus d’issue et qu’il fallait renier leurs alliés. Les mêmes, qui dirigent et manipulent le Système, ont profité pour semer les graines de la « révolte » en Libye aussi. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de mécontents, je ne dis pas qu’il n’y a pas de gens qui n’ont pas des raisons pour se révolter. Sûrement. Comment se fait-il qu’en Tunisie et en Egypte les armées se sont alliées aux peuples, abandonnant les dictateurs, et qu’en Libye l’armée reste du coté de Kadhafi, pour une très grande majorité?

J’ai entendu ces dernières semaines les mêmes rumeurs qui ont été lancées aussi pendant la révolution en Roumanie en 1989. Comme que Ceausescu avait une armée de mercenaires, fanatiques, qui le défendaient en tirant sur le peuple (et c’étaient des… palestiniens et autres arabes, d’après les rumeurs). Cette fois-ci, la rumeur disait que Kadhafi avait des milliards de dollars en liquide à Tripoli et qu’il payait des mercenaires venus d’autres pays, pour tirer sur le peuple et lutter contre le peuple. Cela sous-entendait que l’armée libyenne ne le soutenait pas et qu’il avait besoin de forces venues de l’étranger. Mais toutes ces dernières semaines, on nous apprend que l’armée libyenne reprenait les villes une par une. Si c’est tout le peuple qui s’est révolté, pourquoi l’armée libyenne reprend les villes une par une? Etes-vous sûrs que c’est tout le peuple? Etes-vous sûrs que vous ne venez pas de participer à une grande manipulation qui permettra aux américains de mettre la main sur le pétrole?

M. Mélenchon, n’affichez pas trop de satisfaction dans l’acte que vous avez posé. Vous avez tout mon soutien, mais pas sur ce sujet. Nous commettons une ingérence inacceptable.

J’espère me tromper, mais je crains que non.

Written by L'insurgé

18/03/2011 at 15:48

Regardons SssssStrauSsssSS-Kaa dans les yeux, petits Mowgli…

with 2 comments

Je viens de lire dans Le Monde une interview hallucinogène de campagne électorale présidentielle de M. François Kalfon, porte-flingue de M. Dominic Strauss-Kahn. Je ne ferai pas le plaisir au journal marchand Le Monde d’indiquer ici un lien direct vers cette interview, car à chaque fois que nous indiquons un lien vers un site ennemi, nous faisons monter sa quotte de popularité dans le classement de Google. Ceux qui veulent le lire en entier le trouveront sous le titre Le score de DSK nous met à l’abri d’un nouveau 21-avril.

Qui est donc ce bon monsieur Kalfon, auquel le monde offre un grand espace de publication? La publication nous le décrit comme spécialiste des sondages du PS et proche de M. Strauss-Kahn.
Attention, on ne rigole pas! Monsieur est spécialiste (ça fait toujours bien, la mention spécialiste).Et pas n’importe lequel! Des sondages! Lui, quand il lit un sondage, c’est comme une boule de cristal, il sait tout lire. Sacré sorcier, M. Kalfon. Toute l’interview il va essayer de nous ensorceler, en nous faisant croire que la seule solution à droite gauche est incarné par M. Strau$$ss-Kahn.

Normal, le gars essaie de profiter de l’opération lancée par l’Elysée, avec le sondage bidon qui donne Mlle Jean-Marine Le Pen gagnante à la grande loterie nationale, même si le tirage au sort des numéros déjà choisis par le Système a lieu dans seulement un an… Que vouliez-vous d’autre, quand on lui sert sur un plateau une occasion pareille?

Le seul problème est que ce spécialiste des sondages n’a pas compris une chose: le petit Mowgli ne se laisse plus hypnotiser par le regard du serpent Kaa et ne croit plus toutes ces sornettes. Au secours, Marine Le Pen  vient nous manger crus, vite, tous derrière Strauss-Kaa! Naaan, ça ne marche plus. Vraiment plus! Le truc de magicien de la menace fasciste et du superman qui vient pour nous sauver, directement de Washington d’où il affame les peuples, cela ne marche vraiment plus. Le coup des sondages orientés et faussés non plus.

Naturellement, dans une si longue interview, en une du Monde, il était impossible qu’il n’aborde le sujet qui le hante le plus: Mélenchon.

Comment le PS compte-t-il capter les suffrages potentiels de Jean-Luc Mélenchon ?

François Kalfon : Vous savez, d’abord, Jean-Luc Mélenchon, en faisant le choix de taper plus sur la gauche que sur la droite, et de laisser entendre ainsi aux électeurs que la victoire de la gauche n’est pas son problème principal, contient en lui-même ses propres limites.

Il est temps que Jean-Luc se ressaisisse. Je le comprends, c’est humain. Après avoir été pendant plus de trente ans au Parti socialiste, avoir subi un amour déçu, il est aujourd’hui dans le ressentiment. Alors qu’il a vocation, avec nous, avec sa sensibilité, à construire l’alternance.

Ça, les électeurs le voient, le ressentent. Je vous ai dit tout à l’heure à quel point, pour notre électorat, la victoire de la gauche est ressentie comme une urgence. Quand Jean-Luc Mélenchon donne le sentiment de lutter davantage contre son camp que contre la droite, une partie des électeurs le quittent.

Dans la dernière enquête IFOP, par exemple, c’est – 3 points pour Mélenchon, alors que s’il choisissait, au contraire, d’apporter dans le débat public ses solutions face au décrochage des catégories populaires, je suis convaincu que toutes les voix de la gauche s’additionneraient.

Nous ne sommes donc pas, au PS, dans une course à l’échalote pour récupérer les voix de l’extrême gauche, nous devons au contraire afficher calmement et de façon lisible quelle est notre cohérence : authentiquement de gauche et totalement en capacité d’apporter demain au gouvernement des transformations réelles, des améliorations concrètes dans la vie des Français, et au premier chef, ceux qui subissent de plein fouet les effets de la crise.

Là, nous sommes en plein délire. Mélenchon tape plus sur la gauche que sur la droite? Absolument pas: Mélenchon tape sur la droite de la gauche, qui fait partie de la droite tout court. Et j’associe mon coup à celui de Mélenchon et tapons fort sur cette droite: vous, les oligarques du PS,  n’êtes pas de gauche! Dominic Strauss-Kahn n’est pas de gauche. Un homme de gauche ne ferait pas ce qu’est en train de faire actuellement Strauss-Kahn en tant que directeur du Fond Monétaire International (FMI). Mélenchon tape sur ces politiciens socio-démocrates (quand ils ne sont pas carrément libéraux) qui sont présents dans le PS et qui font la politique de droite de l’UMP. C’est ce que nous, le peuple d’en bas appelons l’UMPS.
Si vous considérez que vous n’êtes pas de droite et que vous représentez la gauche, expliquez-nous, s’il vous-plait, pourquoi en 2005 vous avez mené campagne et vous avez voté pour le « oui » au TCE? Si vous êtes de gauche, expliquez-nous comment pouvez-vous prétendre vouloir appliquer une politique de gauche au niveau national alors qu’au niveau supra-national – au Parlement Européen- vous votez les mêmes mesures libérales que vos supposés opposants, les libéraux? Expliquez comment vous voulez appliquer cette politique de gauche alors que vous vous empêchez au niveau supra-national, car tout ce que vous votez au Parlement Européen doit être transposé en droit national et suivi? Arrêtons les phrases creuses et les idées vides, parlons concrètement: comment comptez-vous y arriver?

Je passe sur le reste de son bla-bla et mise en scène style « les feux de l’amour » version PS (franchement, pas mieux que la série qui passe à la télé). Son niveau est suffisamment bas et stupide pour que je n’y consacre pas mon énergie. Je ne vous dis qu’une chose: si vous êtes authentiquement de gauche comme vous le prétendez, vous allez devoir le prouver. En attendant, comptez sur notre énergie et notre capacité de comprendre votre mascarade: nous allons vous exploser à coups d’idées, à coups d’arguments, nous ferons de la sorte que le PS revienne à une ligne de conduite de gauche. Le Front de Gauche est authentiquement de gauche et nous pouvons justifier pleinement notre Gauche. Vous, malheureusement, vous êtes incapables de justifier votre Socialisme. Et cela, nous ne le pardonnons pas. Nous écrasons.

Merci Le Monde pour la propagande pro-Strauss-Kahn. Vous avez raison de préparer le terrain pour votre futur élu de droite, vous avez compris que M. Sarkozy est fini (mais méfiez-vous de lui, il est fourbe…).

L’insurgé

Written by L'insurgé

11/03/2011 at 21:42