L'insurrection, derrière le coin

Le sommeil des nations fait naître des monstres.

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Mélenchon ne se désistera pas pour le PS

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Mélenchon et Montebourg à Dole, AFP / Jeff Pachoud

Dans mon dernier article j’ai réagi de façon assez dure envers M. Montebourg, à propos de sa déclaration sur le désistement de Mélenchon s’il était désigné candidat du PS. Connaissant très bien Mélenchon et sachant que jamais il n’avait fait une déclaration pareille, ni formulé une quelconque intention, j’ai été choqué par la déclaration de Montebourg et sa façon de vouloir se poser en rassembleur de la gauche à tout prix, même en dépassant les bornes.

Hier, j’ai décidé de lui poser la question directement et savoir exactement quand Mélenchon lui a fait part d’une intention pareille. Voici sa réponse:

Je pense être allé un poil trop loin dans l’interprétation qu’il m’a lui-même au téléphone permis de faire de ses propos. J’avais compris qu’il était sensible à mes propositions et que, en déclarant qu’il pourrait s’entendre avec moi si j’étais le candidat socialiste, dès le premier tour, qu’il en tirerait quelques conséquences. Mais ce n’est pas à mes yeux le principal, je m’en suis expliqué avec lui au téléphone avec humour (et amitié).

C’est donc un démenti clair et net, Mélenchon n’a jamais tenu ce genre de propos. Non, Mélenchon ne va pas se désister au premier tour pour le candidat du PS, même si celui-ci était M. Montebourg.

Maintenant, ce que je trouve hallucinant, c’est la liberté que s’est accordée M. Montebourg de « croire que », « comprendre que ». Pour lui, c’est Mélenchon qui devrait en tirer des conséquences et se retirer? Sans blague? Et pourquoi il ne pourrait pas envisager lui de se désister? Ca ne peut aller que dans un sens?

Une autre question me vient à l’esprit. Si M. Montebourg n’est pas désigné candidat du PS (et une fois de plus, les vieux mammouths socio-démocrates auront eu raison de lui, comme ce fut le cas en son temps avec Mélenchon, Dolez et d’autres de l’aile gauche du PS), que va-t-il faire? Va-t-il rester au PS? Va-t-il avoir la force de quitter le PS pour défendre ses idées, en sachant que dans le cas contraire il sera amené à défendre les idées d’un socio-démocrate qui aura été désigné pour la présidentielle? A-t-il envisagé ne fut-ce qu’une seconde de se rallier au Parti de Gauche? S’il reste dans le PS, que fera-t-il de ses idées, maintenant, quand le pays brûle et que la situation globale et mondiale est tellement grave qu’il ne peut plus se situer dans une optique de carrière mais d’action?

Nous verrons cela dans très peu de temps. Et sincèrement, je ne lui souhaite rien d’autre que d’être désigné candidat du Parti Socialiste.

Alin Tranca

Written by L'insurgé

27/05/2011 at 15:31

Montebourg rassembleur, mais menteur?

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Arnaud Monteburg - source image Wikipedia

Depuis deux jour, M. Montebourg et quelques militants ont décidé de montrer qu’il est le candidat qui rassemble à gauche. Pour cela, tous les moyens sont bons, y compris le mensonge grossier.

Dans une une interview publiée dans Libération le 23 mai sous le titre « Hollande et Aubry nous ont fait perdre en 2002 », M. Montebourg dit:

Par ailleurs, je considère être le meilleur rassembleur de toutes les gauches. Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il ne serait pas candidat si j’étais le candidat du PS, Jean-Pierre Chevènement a dit qu’il voterait pour moi s’il votait aux primaires. Nicolas Hulot a déclaré que j’étais le meilleur candidat écologiste et Christiane Taubira est dans mon comité de soutien.

Or, il se trouve que M. Mélenchon n’a jamais, au grand jamais affirmé qu’il n’allait pas être candidat si M. Montebourg était candidat du PS. Il a dit qu’il allait soutenir Montebourg pour qu’il soit le candidat du PS, qu’il allait pouvoir discuter avec le PS si Montebourg était désigné comme candidat à l’élection présidentielle, mais il n’a jamais affirmé son retrait de l’élection présidentielle si Montebourg était le candidat.

Je demande simplement et clairement: pourquoi M. Montebourg a besoin d’un mensonge pareil pour pouvoir poser en rassembleur de la gauche? Est-il tombé si bas? Je trouve la question d’une extrême gravité et ce n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Imaginez que demain Mélenchon déclare que Montebourg a dit qu’il allait se retirer de l’élection présidentielle s’il était désigné candidat du Front de Gauche. Quelles seraient les réactions?

Est-ce que M. Montebourg se rend compte de la gravité d’un tel mensonge? Des répercussions que ce mensonge peut avoir? Sincèrement, je suis profondément déçu que M. Montebourg puisse recourir à de tels procédés.

Non, M. Montebourg, Mélenchon n’a jamais dit une chose pareille et Mélenchon ne fera jamais une chose pareille. Tout simplement parce que, même si vous êtes le candidat avec lequel nous pourrons le mieux discuter et trouver des terrains d’entente dont la Gauche a besoin, nous avons des différences qui nous demandent de continuer notre lutte.

J’ose espérer que M. Montebourg publiera la preuve de ce qu’il affirme ou un démenti. Il n’est jamais trop tard pour être honnête.

Alin Tranca

Written by L'insurgé

24/05/2011 at 11:14

Avec RSF, je lave mon internet plus blanc que blanc

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RSF contre la cyber-censure?

Hier, 12 mars 2011, Reporters Sans Frontières (RSF) organisait la journée mondiale contre la cyber censure.

Moi, qui suis un utilisateur chevronné  d’internet et sensible à tout ce qui censure, j’étais tout ému. Je me précipite sur les informations pour voir ce que nous disait RSF et je découvre la liste noire des pays qui mènent la guerre à la liberté sur le web: Arabie Saoudite, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Turkmenistan… Ah, les méchants, les ignobles, les censeurs! Heureusement que RSF est là pour m’en informer!

A première vue, sachant que RSF est une ONG qui a les moyens d’investiguer, recevant entre autres de gros financements du gouvernement américain (moi qui croyais que c’était une ONG?), je me dis qu’ils savent de quoi ils parlent. Mais en regardant de plus près, non, ils ne savent pas de quoi il parlent (enfin, faisons semblant que ce n’était pas intentionnel de leur part et que toute coïncidence avec l’attaque des cibles des USA n’est que fortuite).

Ainsi, Cuba se trouve dans la même liste que forment des pays comme l’Arabie Saoudite, la Corée du Nord, l’Ouzbekistan, le Turkmenistan…. Ben voyons! Ces méchants communistes qui ne respectent aucune démocratie et qui maintiennent le peuple cubain dans l’ignorance en censurant le web!

Sur le sujet de l’internet à Cuba, Reporters Sans Frontières ment. Je sais que cela choque les bonnes âmes qui se lavent le cerveau avec la télé, mais RSF ment au sujet de Cuba: il n’y a pas de censure de l’internet à Cuba.

J’entends d’ici les indignations de ceux qui se trémoussent en disant que c’est ignoble, que je suis un partisan des dictatures, que c’est bien connu qu’à Cuba le peuple est muselé, qu’ils n’ont pas droit à internet, que la police surveille et qu’au moindre bruit de clavier en activité il y a un commando des sbires de Castro qui débarque et annihile la pauvre personne éprise de liberté, en l’envoyant pour des longues années au fin fond d’un goulag castriste (et pourtant je les rassure, Guantanamo est contrôlée par les américains!).
Qu’à cela ne tienne! Depuis des années les médias marchands et RSF martèlent (où plutôt goebbelsent) qu’à Cuba internet est réservé aux touristes, dans les hôtels, qu’il est très cher, que les cubains n’y ont accès et qu’il est très lent, signe évident de censure de la part d’un système qui veut du mal à tout le monde. Mais que se cache-t-il derrière tout ceci?

Je tiens tout d’abord à signaler à tous ceux qui ne se sont pas donné la peine de s’informer et se sont contentés de lire la presse marchande que Cuba n’a jamais pu se relier directement à internet. Pour cause: les Etats-Unis lui ont refusé la possibilité de se connecter au câble qui passe à côté de l’île et les relie au continent européen. Question d’embargo et d’emmerder les cubains, disent-ils.
Cet embargo que l’ONU condamne à l’unanimité mais qui écrase Cuba depuis cinquante ans. Je veux bien qu’on critique Cuba pour une censure inexistante, mais qu’on aille jusqu’au bout des choses: les USA sont le plus grand censeur de l’internet cubain! Comment est-ce qu’on peut critiquer un pays pour la censure de l’internet, alors qu’il n’a même pas eu la possibilité de se relier aux câbles internet sous-marins?

Pour palier à cette absence de connexion, qui isole dramatiquement l’île des Caraïbes, les autorités cubaines se sont orientées vers la seule possibilité qui leur restait: la connexion par satellite. Or, cette connexion a deux désavantages de taille: elle est infiniment plus lente que la connexion par le câble sous-marin et coûte quatre fois plus cher. Inutile que je vous fasse un dessin ou tout une conférence creuse et prétentieuse pour vous expliquer que la bande passante pour toute l’île n’équivaut même pas à la bande passante d’un petit quartier d’agglomération française. Et ce, pour 11 millions d’habitants! Pour mieux comprendre, regardons les chiffres: la bande passante de Cuba en 2009 était de 65 mégas en débit descendant et de 128 mégas en débit ascendant. Je vous laisse le soin d’additionner la bande passante que vous avez avec celle de vos voisins pour comprendre qu’il n’est même pas besoin de se référer à tout le quartier, votre voisinage immédiat suffit pour dépasser la bande passante de Cuba.

Face à un tel problème, le gouvernement cubain a été obligé de faire un partage équitable de la bande passante. Certes, les cubains aimeraient avoir tous internet à la maison, comme nous aimons avoir notre propre connexion internet. La priorité de la distribution de cette bande passante a été accordée au réseau universitaire, aux écoles et au secteur touristique, très important dans cet île. Les abonnements privés arrivent en dernier lieu et il faut fournir les preuves de la nécessité d’avoir une connexion à domicile. Il n’y a absolument pas moyen de pratiquer une politique d’abonnements privés, quoi qu’on dise des autorités cubaines: quand vous n’avez pas la bande passante, vous n’avez rien. Que RSF nous explique comment faire autrement, techniquement. Le reste, ce n’est que propagande grassement payée par la CIA.

Heureusement, pour Cuba il existe une solution qui est en train d’être finalisée: l’île sera bientôt reliée à Internet grâce à un câble sous-marin qui est tiré actuellement depuis le… Venezuela (merci Chavez!), alors que le câble américain passe à quelques kilomètres à peine des côtes cubaines.

Qui censure l’internet à Cuba?

Puisque RSF nous parle de la censure de l’internet à Cuba et refuse de nous informer de la situation réelle préférant la propagande américaine, je reviens sur un sujet qui m’a particulièrement révolté l’année passée.

Dans le monde informatique vous trouverez deux univers opposés: l’un étant composé de logiciels et systèmes d’exploitation privateurs (les logiciels non-libres, dont font partie Windows, les produits Adobe, etc, etc) et l’autre de logiciels et systèmes d’exploitation libres,dont Linux et tous les programmes qui l’accompagnent (je profite pour signaler que le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon a appelé à signer le Pacte du Logiciel Libre).

Certains pays, dont Cuba, ont fait le choix des alternatives libres. Naturellement que cela ne fait pas plaisir aux puissants de ce monde, qui voient dans la gratuité et la qualité des produits libres une sérieuse menace pour leurs activités lucratives.

Dans cet univers du logiciel libre vous pouvez trouver des dizaines de milliers de programmes et de projets, partagés à l’échelle internationale. Pour partager les projets informatique et les rendre accessibles aux utilisateurs de la terre entière, des plateformes de partage et de collaboration ont été mises en place à travers le monde. L’une des plus grandes plateformes de partage – incontournable dans le monde du logiciel libre – est SourceForge.

Tous les logiciels libres doivent répondre à la définition de l‘Open Source qui spécifie, entre autres:

No Discrimination Against Persons or Groups
The license must not discriminate against any person or group of persons.

Aucune discrimination contre des personnes ou des groupes.
La licence ne doit faire de discrimination envers aucune personne ou groupe de personnes.

Normalement – et le plus logiquement au monde – un site qui utilise cet univers du logiciel libre doit respecter la règle cité ci-dessus. De même que les logiciels qui sont proposés sur ce site. Je ne pense pas que quelqu’un oserait argumenter le contraire: le bon sens et l’humanité de l’Open Source demandent qu’il n’y ait pas de discrimination, quelques soient les raisons invoquées. Si quelqu’un décrétait que les Français n’avaient plus le droit d’utiliser les logiciels libres (comme Open Office par exemple) ou participer au développement de ceux-ci, les réactions ne se feraient pas attendre. Ce serait une discrimination scandaleuse et parfaitement injuste.

Il y a un an, nous avons connu le conflit opposant la Chine à Google, ce dernier ne voulant pas répondre aux demandes de censure du gouvernement de Pékin. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, tenait un discours sur le thème de la liberté d’expression et appelait à « une plus grande liberté de l’expression sur internet et que les grandes compagnes comme Google ne doivent pas appliquer la censure basée sur des motivations politiques ». Même discours que nous tiens aujourd’hui le RSF qui montre du doigt Cuba.

A la même période, en janvier 2010, je vais consulter la page « Termes et conditions d’utilisation » du site SourceForge:

You represent you are not a person on a list barring you from receiving services under U.S. laws or other applicable jurisdiction, including without limitations, the Denied Persons List and the Entity List, and other lists issued by the U.S. Department of Commerce, Bureau of Industry and Security, detailed at http://www.bis.doc.gov/complianceandenforcement/ListsToCheck.htm(or successor sites thereto). Users residing in countries on the United States Office of Foreign Assets Control sanction list, including Cuba, Iran, North Korea, Sudan and Syria, may not post Content to, or access Content available through, SourceForge.net

Traduction rapide: les personnes se trouvant à Cuba, Iran, Corée du Nord, Soudan et Syrie ne peuvent plus accéder à SourceForge. C’était un changement récent dans la politique de cette plateforme de partage, détenue par une société de droit américaine. Changement dû aux pressions des autorités américaines, alors qu’en réalité rien ne les obligeait à imposer cette restriction, ne répondant pas aux conditions imposées par ces mêmes autorités (ils offrent un service de partage, ils n’offrent pas les programmes directement).

En grand (et même en petit) on apprend que d’un côté il ne faut pas collaborer avec les autorités qui demandent de limiter l’accès à internet et qu’il faut faire de la résistance (pour le bien de la liberté) et que de l’autre côté une plateforme incontournable du Logiciel Libre interdit l’accès et la participation aux personnes de certains pays et ce, à la demande des mêmes autorités qui demandent à Google de résister et aux pays incriminés ci-dessus de rendre l’usage de l’internet libre! Plus aucun cubain ne peut télécharger des programmes libres sur Sourceforge ou participer aux publications.

Hypocrisie totale de la part de Hillary Clinton et du discours américain reproduit par RSF. Reporters Sans Frontières qui se garde de nous informer de ce genre de choses mais qui vient brailler que Cuba est l’ennemi de l’Internet. Non, les USA sont l’ennemi de l’internet cubain et du développement informatique cubain qui a fait le choix du Linux et du logiciel libre.

Tant que RSF mène la propagande pour laquelle l’ONG est payée et soutenue par la CIA et le gouvernement américain, je n’ai qu’une chose à lui dire: ta gueule.

Regardons SssssStrauSsssSS-Kaa dans les yeux, petits Mowgli…

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Je viens de lire dans Le Monde une interview hallucinogène de campagne électorale présidentielle de M. François Kalfon, porte-flingue de M. Dominic Strauss-Kahn. Je ne ferai pas le plaisir au journal marchand Le Monde d’indiquer ici un lien direct vers cette interview, car à chaque fois que nous indiquons un lien vers un site ennemi, nous faisons monter sa quotte de popularité dans le classement de Google. Ceux qui veulent le lire en entier le trouveront sous le titre Le score de DSK nous met à l’abri d’un nouveau 21-avril.

Qui est donc ce bon monsieur Kalfon, auquel le monde offre un grand espace de publication? La publication nous le décrit comme spécialiste des sondages du PS et proche de M. Strauss-Kahn.
Attention, on ne rigole pas! Monsieur est spécialiste (ça fait toujours bien, la mention spécialiste).Et pas n’importe lequel! Des sondages! Lui, quand il lit un sondage, c’est comme une boule de cristal, il sait tout lire. Sacré sorcier, M. Kalfon. Toute l’interview il va essayer de nous ensorceler, en nous faisant croire que la seule solution à droite gauche est incarné par M. Strau$$ss-Kahn.

Normal, le gars essaie de profiter de l’opération lancée par l’Elysée, avec le sondage bidon qui donne Mlle Jean-Marine Le Pen gagnante à la grande loterie nationale, même si le tirage au sort des numéros déjà choisis par le Système a lieu dans seulement un an… Que vouliez-vous d’autre, quand on lui sert sur un plateau une occasion pareille?

Le seul problème est que ce spécialiste des sondages n’a pas compris une chose: le petit Mowgli ne se laisse plus hypnotiser par le regard du serpent Kaa et ne croit plus toutes ces sornettes. Au secours, Marine Le Pen  vient nous manger crus, vite, tous derrière Strauss-Kaa! Naaan, ça ne marche plus. Vraiment plus! Le truc de magicien de la menace fasciste et du superman qui vient pour nous sauver, directement de Washington d’où il affame les peuples, cela ne marche vraiment plus. Le coup des sondages orientés et faussés non plus.

Naturellement, dans une si longue interview, en une du Monde, il était impossible qu’il n’aborde le sujet qui le hante le plus: Mélenchon.

Comment le PS compte-t-il capter les suffrages potentiels de Jean-Luc Mélenchon ?

François Kalfon : Vous savez, d’abord, Jean-Luc Mélenchon, en faisant le choix de taper plus sur la gauche que sur la droite, et de laisser entendre ainsi aux électeurs que la victoire de la gauche n’est pas son problème principal, contient en lui-même ses propres limites.

Il est temps que Jean-Luc se ressaisisse. Je le comprends, c’est humain. Après avoir été pendant plus de trente ans au Parti socialiste, avoir subi un amour déçu, il est aujourd’hui dans le ressentiment. Alors qu’il a vocation, avec nous, avec sa sensibilité, à construire l’alternance.

Ça, les électeurs le voient, le ressentent. Je vous ai dit tout à l’heure à quel point, pour notre électorat, la victoire de la gauche est ressentie comme une urgence. Quand Jean-Luc Mélenchon donne le sentiment de lutter davantage contre son camp que contre la droite, une partie des électeurs le quittent.

Dans la dernière enquête IFOP, par exemple, c’est – 3 points pour Mélenchon, alors que s’il choisissait, au contraire, d’apporter dans le débat public ses solutions face au décrochage des catégories populaires, je suis convaincu que toutes les voix de la gauche s’additionneraient.

Nous ne sommes donc pas, au PS, dans une course à l’échalote pour récupérer les voix de l’extrême gauche, nous devons au contraire afficher calmement et de façon lisible quelle est notre cohérence : authentiquement de gauche et totalement en capacité d’apporter demain au gouvernement des transformations réelles, des améliorations concrètes dans la vie des Français, et au premier chef, ceux qui subissent de plein fouet les effets de la crise.

Là, nous sommes en plein délire. Mélenchon tape plus sur la gauche que sur la droite? Absolument pas: Mélenchon tape sur la droite de la gauche, qui fait partie de la droite tout court. Et j’associe mon coup à celui de Mélenchon et tapons fort sur cette droite: vous, les oligarques du PS,  n’êtes pas de gauche! Dominic Strauss-Kahn n’est pas de gauche. Un homme de gauche ne ferait pas ce qu’est en train de faire actuellement Strauss-Kahn en tant que directeur du Fond Monétaire International (FMI). Mélenchon tape sur ces politiciens socio-démocrates (quand ils ne sont pas carrément libéraux) qui sont présents dans le PS et qui font la politique de droite de l’UMP. C’est ce que nous, le peuple d’en bas appelons l’UMPS.
Si vous considérez que vous n’êtes pas de droite et que vous représentez la gauche, expliquez-nous, s’il vous-plait, pourquoi en 2005 vous avez mené campagne et vous avez voté pour le « oui » au TCE? Si vous êtes de gauche, expliquez-nous comment pouvez-vous prétendre vouloir appliquer une politique de gauche au niveau national alors qu’au niveau supra-national – au Parlement Européen- vous votez les mêmes mesures libérales que vos supposés opposants, les libéraux? Expliquez comment vous voulez appliquer cette politique de gauche alors que vous vous empêchez au niveau supra-national, car tout ce que vous votez au Parlement Européen doit être transposé en droit national et suivi? Arrêtons les phrases creuses et les idées vides, parlons concrètement: comment comptez-vous y arriver?

Je passe sur le reste de son bla-bla et mise en scène style « les feux de l’amour » version PS (franchement, pas mieux que la série qui passe à la télé). Son niveau est suffisamment bas et stupide pour que je n’y consacre pas mon énergie. Je ne vous dis qu’une chose: si vous êtes authentiquement de gauche comme vous le prétendez, vous allez devoir le prouver. En attendant, comptez sur notre énergie et notre capacité de comprendre votre mascarade: nous allons vous exploser à coups d’idées, à coups d’arguments, nous ferons de la sorte que le PS revienne à une ligne de conduite de gauche. Le Front de Gauche est authentiquement de gauche et nous pouvons justifier pleinement notre Gauche. Vous, malheureusement, vous êtes incapables de justifier votre Socialisme. Et cela, nous ne le pardonnons pas. Nous écrasons.

Merci Le Monde pour la propagande pro-Strauss-Kahn. Vous avez raison de préparer le terrain pour votre futur élu de droite, vous avez compris que M. Sarkozy est fini (mais méfiez-vous de lui, il est fourbe…).

L’insurgé

Written by L'insurgé

11/03/2011 at 21:42

Médias propres (dans les deux sens du mot)

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Je lisais ce matin une discussion lancée par Jorie sur le blog de Jean-Luc Mélenchon où elle nous fait remarquer que le candidat probable du Front de Gauche aux présidentielles se fait de plus en plus rare dans les médias nationaux:

(…) Le comble, le fdg et le PG n’existent pas, apparemment, Mélenchon si diabolisé, mais qui réussissait sa percée médiatique, a totalement disparu des débats. Luc ferry « sur canal+ banalise MLP en disant qu’elle n’est pas pire que les communistes dont l’héritage sanglant n’est plus à prouver. Ce soir ou jamais, émission de Taddéi, rassemble sur son plateau des fascinés du débat identitaire, avec en opposition… .la représentante des « indigènes de la république ». Todd n’a même pas évoqué dans sa thématique sur l’économie prédatrice l’existence du FDG ou du PG, comme si ces forces n’avaient jamais existé. Alors comment lutter contre ce silence.

Jorie nous propose quelques solutions:

Il faut dès maintenant, par affiches courtes et claires, présenter le programme du PG sur l’emploi, le chômage, les délocalisations, la république, la laïcité, les services publics. Bref, le programme républicain pour lepeuple.

C’est une bonne idée, même si elle est loin de combler suffisamment le problème de communication que nous pourrions connaitre. Je ne réfute pas cette idée car même si cela pouvait toucher ne fut-ce qu’un pour cent de gens, ce serait déjà ça de pris.

Dans la même discussion, Cronos nous propose un outil supplémentaire:  un journal militant.

Il y a moyen à moindre frais, et même pas de frais du tout, de communiquer en masse, il faut juste faire une avance de trésorerie ridicule, ensuite c’est de l’autofinancement, c’est la presse le journal il faut en créer un au niveau du parti de gauche

Je soutiens cette proposition et je renvois à la lecture de Comprendre le pouvoir (au 2ème livre, « Echapper à l’endoctrinement », p.34-5) où  Noam Chomsky nous explique l’importance des journaux de parti et journaux militants dans la culture des travailleurs et dans le rôle joué pour développer la conscience. Leur élimination et suppression a été voulue pour imposer dans le paysage des médias détenus par des grands groupes de presse, eux-mêmes aux intérêts d’une oligarchie. Il s’agit soit des journaux « sérieux », destinés à l’élite pour lui dire ce qu’elle doit penser et comment elle doit agir, soit d’une presse destinée aux classes pauvres, la presse « people » et celle de la violence, du potin, etc.
La presse militante ayant disparu peu à peu, l’inconscience à gagné du terrain au détriment de la conscience. Il me parait évident qu’un journal militant du Parti de Gauche (voire même du Front de Gauche) est nécessaire. Je n’oublie pas l’existence de L’Huma, mais nous avons besoin d’un journal encore plus simple, encore plus direct, encore plus proche des citoyens.

Aux premières deux propositions, j’ai rajouté également quelques unes d’autres:

– diffuser un maximum le lien de la Télé de Gauche. On y trouve des excellentes vidéos.
– pour ceux qui n’ont plus l’habitude ni la patience ni l’intérêt de regarder des longues émissions, mettons nous au boulot et créons des vidéos avec des extraits, faisons des courts montages (entre 2 et 5-6 minutes par exemple) et diffusons un maximum. Nous avons à disposition de nombreuses plateformes de partage de vidéos. Beaucoup de gens ne s’informent plus et ne se cultivent plus que par des vidéos.
– créons également une Radio de Gauche, sur internet (possibilité la plus facile, plus rapide et moins couteuse qu’une radio FM). De plus en plus de gens écoutent des radios en stream. Cette radio peut être proposée sur tous les sites du PG, sur les blogs militants, etc. C’est un média qui se prête très bien à la parole réfléchie et aux débats. C’est un projet qui me tient fortement à coeur.
– créons un maximum de sites et de blogs, formons une toile. En 2005, une partie de l’opinion publique a été informée sur le web quant au TCE. Si nous attendions que les médias marchands le fassent, nous serions encore en train d’attendre. Investissons au maximum le web.

Nous pouvons naturellement continuer la discussion sur le blog de Jean-Luc Mélenchon, mais disons qu’à un moment donné nous deviendront trop « envahissants » et que ce n’est pas un forum de discussion. Si un lecteur, tombé par hasard sur ce texte, désire participer à une discussion sur les moyens de communication à mettre en place et même participer à leur mise en place, qu’il n’hésite pas à utiliser la possibilité de poster des commentaires. Il est temps d’agir rapidement!

Written by L'insurgé

11/03/2011 at 11:53